AVENIR PERSONNEL ENGAGÉ
Brahim El Fadil
École secondaire Saint-Edmond
Commission scolaire Marie-Victorin
AVENIR PERSONNEL ENGAGÉ
Brahim El Fadil
École secondaire Saint-Edmond
« Une goutte d’eau ne peut pas influencer la couleur de l’océan, mais elle peut avoir une influence sur les gouttes qui l’entourent. » Quand il lance ces paroles, Brahim El Fadil, enseignant en sciences à l’École internationale Saint-Edmond de Greenfield Park, espère simplement créer l’étincelle de l’engagement chez celui qui les reçoit. Lui-même fortement engagé alors qu’il se trouvait aux études, entre autres dans la lutte pour les droits de l’homme, la condition des femmes et l’injustice sociale, il se fait un devoir de démontrer à ses élèves qu’en agissant de concert, on peut faire la différence.
Originaire du Maroc, Brahim El Fadil est arrivé au Québec à la fin de 2002. Issu d’une grande famille presque sans revenu, habitant un des villages les plus pauvres du Maroc situé dans une région désertique, l’enseignant a compris très jeune que s’il voulait aspirer à un meilleur avenir, il devrait mettre les bouchées doubles. « Sans éducation, je savais que je ne m’en sortirais pas. Je ne pouvais compter que sur moi et je travaillais très dur à tous les étés pour amasser un peu de sous pour payer mes études », raconte Brahim.
Malgré tout, le jeune homme qu’il était avait beau se concentrer sur sa réussite personnelle, il ne pouvait s’imaginer abdiquer devant les injustices sociales qui caractérisaient son pays. Dès son secondaire, Brahim a alors choisi, malgré le risque que cela entraînait, de militer contre les inégalités flagrantes sévissant au Maroc. « Je me suis battu pour des causes que je trouvais justes, contre des intégristes qui se croient au-dessus de tout, mais cela n’a rien changé. C’est pour cela que je suis venu ici. Pour me donner une chance d’aller plus loin et de voir grandir mes enfants dans un milieu où on peut avancer. »
Puis un jour, la fibre militante de Brahim est revenue le hanter. Cherchant à s’impliquer davantage, il a fait la rencontre de Josée Ranger, l’animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire de la commission scolaire, en qui il a vu la parfaite collaboratrice à ses ambitions. « À la suite d’une présentation à l’école, Brahim est venu me voir, m’a raconté son histoire et m’a fait part de son désir de s’engager dans des projets avec les jeunes. J’ai rapidement compris que l’on pourrait faire des projets vraiment intéressants ensemble et avec les élèves », relate Mme Ranger qui décrit Brahim comme un être dynamique vers qui les jeunes sont portés naturellement.
Depuis, l’enseignant profite de plusieurs occasions pour sensibiliser les jeunes à plusieurs causes et les amener à poser des gestes concrets. Comme ce fut le cas avec la campagne Main Rouge qui invitait les jeunes à dénoncer l’injustice que vivent les enfants soldats ou encore avec l’activité spéciale reliée au Jour de la terre où M. El Fadil a mis sur pied avec les élèves un kiosque d’information sur les changements climatiques et ont fait signer une pétition verte à remettre au gouvernement fédéral. Ce mois de mai, et grâce à son initiative, les élèves planteront des arbres sur les terrains de l’école, agissant ainsi pour notre planète.
Profitant du fait que sa conjointe soit infirmière dans un CHSLD, Brahim a aussi constitué une sorte de délégation de jeunes de 1ère secondaire qui rendent visite aux personnes âgées, souvent seules, et font quelques activités avec elles. « Parfois, il faut pousser les jeunes à se débrancher de leur MP3 et à se brancher sur le monde. Ils ont envie de s’impliquer. Il suffit de leur en donner l’occasion », affirme-t-il.
Par la force des choses, Brahim El Fadil se sent toujours concerné par les injustices sociales, surtout celles qui subsistent dans son pays natal. Comme ce fut le cas lorsqu’il a lu sur Internet l’histoire d’un jeune Marocain de 17 ans, fan d’une équipe de soccer d’Espagne, enfermé en prison pour deux ans après avoir écrit sur un tableau de l’école « Dieu, Patrie, FC-Barcelone », déformant ainsi la devise du pays qui est « Dieu, Patrie, Roi ». Événement qui a conduit Brahim à vouloir sensibiliser les jeunes à la solidarité internationale.
« Le 14 mai, nous allons participer à la Marche 2/3 à Montréal et en décembre prochain, nous allons écrire des lettres à ce pauvre garçon mentionné plus haut et qui est victime d’injustice. J’ai vu des gens poser de beaux gestes pour moi et ma communauté. Maintenant, c’est à moi de le faire et de transmettre de bonnes valeurs et le sens des responsabilités à nos jeunes », indique l’enseignant.
Brahim El Fadil
École secondaire Saint-Edmond







