AVENIR PROJET ENGAGÉ
L'augmentation du goût de la vie
École secondaire Hélène-de-Champlain
Commission scolaire Marie-Victorin
AVENIR PROJET ENGAGÉ - ENVIRONNEMENT
L'augmentation du goût de la vie
École secondaire Hélène-de-Champlain
On parle souvent de la prise en charge du milieu par le milieu, afin de lutter contre la pauvreté. Quand cette prise en charge vient du milieu scolaire et qu’elle est initiée par des jeunes qui souhaitent se sentir utiles, cela prouve qu’engagement et enseignement vont de paire. Ainsi, par le biais de leur potager collectif et pédagogique, les élèves de l’école secondaire Hélène-de-Champlain ont entre autres pu remettre gratuitement, à plus de 130 familles défavorisées, 2 000 livres de légumes bio. Signe que les jeunes peuvent faire la différence.
En montant de toute pièce le projet parascolaire L’augmentation du goût de la vie, la coopérative Les mains de Champlain, administrée entièrement par des élèves, a produit un impact majeur dans sa communauté. Avec une superficie de 6 000 pieds carrés, le potager est devenu non seulement le terrain d’apprentissage de jeunes étudiants, mais aussi un lieu de rencontres intergénérationnelles. En effet, le potager représente une sorte d’oasis de détente pour les gens du quartier qui s’y retrouvent volontairement pour donner un coup de main aux étudiants et même partager leur savoir en matière d’horticulture.
« Notre coopérative souhaitait s’ouvrir à une cause sociale tout en trouvant un projet rassembleur pour notre école. En mettant sur pied le potager, en collaboration avec la commission scolaire, la Ville de Longueuil et l’organisme L’entraide chez nous, qui redistribue les légumes aux familles, les jeunes ont découvert les bienfaits du bénévolat et ont créé une synergie qui fait en sorte qu’ils sont présents à l’école et qu’ils se mobilisent pour une bonne cause », relate l’un des enseignants responsables du projet, Daniel Lefebvre.
Dans cette école à vocation régionale, accueillant des jeunes aux prises avec des troubles de comportement et d’apprentissage, il était fréquent d’atteindre des taux d’absentéisme quotidien de 50 %. Depuis le démarrage du projet, le taux d’absentéisme journalier a considérablement baissé, se situant maintenant à un peu plus de 10 %. Puis, comme on y enseigne l’horticulture, la menuiserie et la cuisine, ce sont tous les élèves de l’école qui contribuent au développement du potager. Ainsi, certains étudiants gèrent tout du début à la fin soit, du semis au compost, en passant par la préparation des plants, la mise en terre, l’entretien puis la récolte. Ceux en menuiserie ont conçu et aménagé un plan d’eau ainsi que du mobilier urbain extérieur. Puis, les étudiants en cuisine développent leur technique à partir des récoltes du potager, produisant des repas pour la cafétéria de l’école.
« Outre la hausse de fréquentation des élèves à l’école et la baisse des comportements indésirables, je constate aussi l’enrichissement des situations d’apprentissages en lien avec ce projet novateur. C’est un projet rassembleur pour l’ensemble de l’équipe et pour nos élèves qui peuvent maintenant agir sur leur réalité », confie pour sa part le directeur de l’établissement, Benoît Miousse.
L’impact de ce projet pour les jeunes est véritablement perceptible. C’est comme si le potager était devenu un lieu de décompression naturelle et sécuritaire pour les jeunes. « Par exemple, raconte M. Lefebvre, les élèves de l’école profitent d’un système de privilèges qui récompense les bons comportements. Depuis cette année, lorsqu’un élève obtient un privilège, majoritairement, il choisit d’aller travailler dans le potager. C’est vous dire à quel point cela compte pour eux. Notre heureux problème, c’est qu’il faut presque les arrêter d’y travailler tellement ils s’y sentent utiles. »
Membre des jardins collectifs du Québec, le potager des élèves de l’école Hélène-de-Champlain est aussi en processus d’obtention d’une certification Bio. Puis comme les résultats sont plus que positifs, un projet de doubler la superficie du jardin est en voie de réalisation pour l’été 2010.
À seulement 14 ans, le président de la Coopérative, Maxime Landreville, confirme que l’arrivée du potager a changé bien des choses pour plusieurs et pour lui-même. « Je n’étais jamais motivé pour aller à l’école et maintenant c’est tout le contraire. J’ai compris que je pouvais faire quelque chose pour les autres et j’ai gagné beaucoup de confiance en moi. J’en retire aussi une grande leçon d’humanisme et cela va me suivre toute ma vie. »
L'augmentation du goût de la vie
École secondaire Hélène-de-Champlain



